Les troubles (parfois) associés au HQI et les différentiels
La juste formulation n'est pas « vous souffrez parce que vous êtes à haut potentiel », mais « vous présentez un haut potentiel et, éventuellement, une difficulté d'une autre origine, qui reste à explorer ». À ce niveau-là, le psychologue doit composer avec deux risques distincts.
Le premier serait de prendre pour un trouble ce qui relève d'un portrait médiatique du haut potentiel. Les descriptions grand public — hypersensibilité, perfectionnisme, sentiment de décalage — sont larges et floues et évoquent plutôt des troubles de la personnalité qu'un HPI/HQI par exemple.
Le second serait de tout attribuer au haut potentiel et de passer à côté d'un trouble du neuro-développement bien réel. Dans le cas du TDA/H, cette coexistence est fortuite et sans lien de causalité (Wahl) ; pour le TSA, la relation avec le haut potentiel reste débattue et encore peu étudiée (Grégoire).
Lorsqu'un tel trouble est présent chez une personne HPI/HQI, son haut niveau de fonctionnement peut le masquer durablement et en retarder le repérage pendant des années, parfois jusqu'à l'âge adulte (Rommelse et al., 2017). À l'inverse, le trouble lui-même peut peser sur les performances aux épreuves et masquer le haut potentiel… C'est le champ de la double exceptionnalité — TDA/H et HQI, TSA et HQI, et leur conjonction triple (HQI + TSA + TDA/H).
Explorer chaque différentiel
Références
- Wahl, G. (2021). Haut potentiel et TDAH (chap. 18). In N. Clobert & N. Gauvrit (dir.), Psychologie du haut potentiel : comprendre, identifier, accompagner. De Boeck Supérieur.
- Grégoire, J. (2021). Autisme et haut potentiel (chap. 19). In N. Clobert & N. Gauvrit (dir.), Psychologie du haut potentiel : comprendre, identifier, accompagner. De Boeck Supérieur.
- Rommelse, N., van der Kruijs, M., Damhuis, J., et al. (2017). High intelligence and the risk of ADHD and other psychopathology. The British Journal of Psychiatry, 211(6), 359–364. doi.org/10.1192/bjp.bp.116.184382