Ouverture du Cabinet

Octobre 2026

Béatrice Risso

Psychologue clinicienne



Dyslexie et dysorthographie · 05

Dyslexie et autres troubles

Ce qui s'y associe, et ce qu'il faut en distinguer

Les troubles du neurodéveloppement se présentent rarement seuls. La question n'est donc pas seulement « est-ce une dyslexie ? », mais « qu'est-ce qui, dans ce tableau, relève de quoi ? »

Le trouble de l'attention, en premier

C'est l'association la plus fréquente et le différentiel le plus important. Selon les travaux disponibles, un quart à quatre dixièmes des personnes concernées par l'une le sont aussi par l'autre. Et un trouble de l'attention produit, par une autre voie, des difficultés qui ressemblent à celles de la dyslexie : on relit parce qu'on a décroché, pas parce que le décodage coûte cher.

Il existe un repère utile, et c'est la raison pour laquelle la BRIEF-A, dans son adaptation française publiée, figure dans ce bilan. Elle explore le fonctionnement exécutif au quotidien et se lit selon deux indices : la métacognition — mémoire de travail, organisation, planification, contrôle de ses propres progrès — et la régulation comportementale, qui comprend l'inhibition, la flexibilité, le contrôle émotionnel et le regard porté sur soi.

Dans une dyslexie isolée, c'est la métacognition qui apparaît en difficulté ; la régulation comportementale, elle, reste dans la norme. Une difficulté de contrôle émotionnel oriente donc vers le trouble de l'attention, et non vers la dyslexie seule — c'est par cette sous-échelle-là, et non par une mesure séparée, que la question se pose.

Un point vaut d'être connu de qui se reconnaît dans les deux tableaux : certains travaux suggèrent que les difficultés d'inhibition observées chez des adultes dyslexiques tiennent à l'association avec le trouble de l'attention, et non à la dyslexie elle-même. C'est une raison de plus de ne pas trancher sur une impression.

Si le bilan ou l'entretien orientent dans cette direction, la suite proposée est le bilan pré-diagnostic TDA/H du cabinet.

Le haut potentiel

Il ne s'agit pas d'un trouble, et il n'est pas un facteur de risque. Mais il change ce qu'on voit : il masque l'expression des difficultés, parfois pendant des décennies. C'est le sujet de la page précédente, et c'est le profil le plus souvent passé au travers.

Ce que ce bilan n'évalue pas

Trois domaines sont explicitement hors de son périmètre. Les nommer n'est pas une restriction de prudence : c'est pour que vous sachiez, avant de prendre rendez-vous, si votre question y entre.

  • Le langage oral. Aucune épreuve de ce protocole ne porte sur un trouble développemental du langage. Si la plainte concerne l'expression ou la compréhension orales, l'orientation est différente.
  • Le calcul — ce qu'on appelle parfois dyscalculie.
  • Le graphisme et la coordination — dysgraphie, dyspraxie, trouble développemental de la coordination.

Pour ces trois domaines, ce que je peux faire est vous orienter, et le dire dès le premier entretien plutôt qu'à la fin.

Et si autre chose apparaît en cours de route

Cela arrive, et c'est même une des raisons d'être d'un examen. Si la séance de passation fait émerger une difficulté qui n'était pas dans la demande de départ, un complément peut être proposé avant la restitution — annoncé, chiffré au temps réel, et engagé seulement si vous en êtes d'accord.

Et si le profil exécutif domine le tableau, la suite ne sera pas un questionnaire de plus mais une mesure en performance de l'attention et des fonctions exécutives, qui objective ce que les questionnaires n'évaluent qu'en plainte rapportée. Ce bilan-là est en préparation pour 2027.

Références

  • Willcutt, E. G. & Pennington, B. F. (2000). Comorbidity of reading disability and attention-deficit / hyperactivity disorder. Journal of Learning Disabilities, 33(2), 179-191.
  • Smith-Spark, J. H., Henry, L. A., Messer, D. J., Edvardsdottir, E. & Zięcik, A. P. (2016). Executive functions in adults with developmental dyslexia. Research in Developmental Disabilities, 53-54, 323-341.
  • Shaw et al. (2014) — dysrégulation émotionnelle et trouble déficitaire de l'attention.
  • Mahé et al. (2014) — les différences d'inhibition rapportées à la comorbidité plutôt qu'à la dyslexie.
  • Roy, A., Besnard, J., Fournet, N., Lancelot, C. & Le Gall, D. (2015). BRIEF-A — Inventaire d'évaluation comportementale des fonctions exécutives, version adulte. Adaptation française, Hogrefe France.

Ces travaux sont repris et discutés dans : Colé, P., Duncan, L. G. & Cavalli, E. (dir.), La dyslexie à l'âge adulte — approche neuropsychologique, De Boeck Supérieur, Louvain-la-Neuve, 2020, chapitre 5.

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